Cycle annuel de conférences (Hiver 2026) : Anthropologie des pratiques, enjeux de pouvoir et perspectives critiques à l’ère du numérique

La Chaire LexUM en information juridique a le plaisir de vous inviter aux trois conférences de sa série
« Anthropologie des pratiques, enjeux de pouvoir et perspectives critiques à l’ère du numérique » !

Note: Nous ne délivrons pas d’attestation de de la Formation continue en droit pour ces conférences.

IMPORTANT
11 mars – Conférence à distance via Zoom

Veuillez noter qu’en raison de la prévision de tempête de verglas annoncée demain pour la région de Montréal, nous avons pris la décision de tenir la conférence à distance, via Zoom. Vous pourrez y participer via le lien ci-dessous, demain le 11 mars à 16h30.

Please note that due to the ice storm forecast for tomorrow in the Montreal area, we have decided to hold the conference remotely via Zoom. You can participate via the following link, tomorrow March 11 at 4:30 pm.

Lien Zoom | Zoom Link

 

Descriptif du cycle

Le cycle de conférences 2025-2026 de la Chaire LexUM sera consacré à l’anthropologie du numérique. Cet événement réunira des chercheur·se·s de diverses disciplines afin d’explorer les transformations sociales, culturelles et institutionnelles induites par les technologies numériques.

Le numérique est la toile de fond de notre quotidien, un lieu où se tissent les opinions, les actions, les échanges commerciaux, les conflits, et les rapprochements. Mais le numérique n’est pas seulement un vecteur, il est aussi un acteur puissant, dont l’organisation, le contrôle et la régulation sont aujourd’hui des questions cruciales.

Ce cycle de conférences entend explorer les multiples facettes du numérique à travers le prisme de l’anthropologie. Au-delà d’une simple description technique, il s’agit de se pencher sur les dynamiques profondes qui se nouent entre le numérique et les sociétés humaines. Comment le numérique façonne-t-il nos identités, nos relations sociales, nos pratiques culturelles, nos formes d’engagement et nos imaginaires ?

Il s’agira sans doute de remettre en question les discours dominants qui présentent trop souvent le numérique comme une rupture radicale et un phénomène universel. Il conviendra de déconstruire cette idée de nouveauté, en montrant comment les outils numériques s’inscrivent dans des continuités historiques et culturelles, et comment ils sont appropriés, détournés et transformés par les acteurs sociaux. Une attention particulière sera portée aux perspectives issues de différents contextes culturels, en donnant la parole à celles et ceux qui ont été marginalisé·e·s par les récits dominants.

Sur le plan méthodologique, nous serons attentifs aux défis spécifiques posés par l’étude des mondes numériques. Comment adapter les méthodes ethnographiques traditionnelles à des terrains qui se déploient en ligne, mais qui sont aussi imbriqués dans des réalités hors-ligne ? Comment étudier les pratiques qui sont souvent invisibles, fugaces ou éphémères ? Nous explorerons des approches innovantes qui combinent l’observation participante, l’analyse de données massives, les méthodes numériques créatives et les récits autoethnographiques.

Ce cycle de conférences abordera les difficiles questions de la régulation, au sens le plus large du terme, du numérique. Comment les États, les organisations internationales et les acteurs de la société civile cherchent-ils à encadrer les plateformes numériques, l’intelligence artificielle et les flux de données ? Quelles sont les implications de ces initiatives sur la démocratie, les droits humains, l’innovation et l’expression culturelle ? Nous étudierons les tensions géopolitiques qui se jouent autour du contrôle d’Internet et de l’intelligence artificielle, ainsi que les luttes pour l’appropriation et le détournement des outils numériques. Nous examinerons aussi comment les algorithmes et les modèles de données peuvent renforcer les inégalités sociales et les discriminations.

Ce cycle de conférences ne sera pas une simple suite de réflexions théoriques, il sera aussi l’occasion de partager des études de cas concrets, menées sur différents terrains à travers le monde. Ces exemples concrets illustreront la diversité des expériences numériques, les controverses sociotechniques, les communautés en ligne, les formes d’activisme, et les enjeux de l’intelligence artificielle.

Ce cycle de conférences s’adresse aux chercheur·se·s, praticien·ne·s et étudiant·e·s souhaitant enrichir leurs connaissances et engager un dialogue constructif sur les enjeux critiques liés au numérique dans nos sociétés contemporaines.

 

Conférences & inscription

De l’arbre au réseau: la quête généalogique à l’époque des plateformes numériques

🎙️ Débora Krischke Leitão
📅 Quand : Mardi 3 février, 16h30
📍 Où : Salon François-Chevrette (A-3464)
Pavillon Maximilien-Caron, Université de Montréal
3101 Chemin de la tour, Montréal QC H3T 1N8

Inscription gratuite

Débora Krischke Leitão est professeure au Département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal et docteure en anthropologie sociale (UFRGS, 2007). Son approche méthodologique privilégie l’ethnographie, et, en anthropologie numérique, elle a orienté ses travaux vers les jeux vidéo et les mondes numériques, avec un accent particulier sur les expérimentations de genre et de sexualité. Au cours de sa trajectoire, elle a également travaillé sur des thématiques liées au corps, à la mode et à la consommation. Chercheuse au Centre de recherche Cultures – Arts – Sociétés (CELAT), elle explore actuellement l’interface entre pratiques mémorielles et technologies numériques, analysant comment ces pratiques redéfinissent les relations des individus au passé, au territoire et à l’ancestralité. 

 

Potentialités et limites de la démocratisation des technologies numériques face aux injustices sociopolitiques et épistémiques : étude de la participation citoyenne et des communs dans les makerspaces à Barcelone

🎙️ Sandrine Lambert
📅 Quand : Jeudi 19 février, 17h00
📍 Où : Laboratoire de cyberjustice (B-2215)
Pavillon Jean-Brillant, Université de Montréal
3200 rue Jean-Brillant, Montréal QC H3T 1N8

Inscription gratuite

Sandrine Lambert (Ph.D.) est postdoctorante et chargée de cours au département de sociologie et d’anthropologie de l’Université Concordia (Montréal), associée à l’Ethnography Lab et à l’Institut Milieux pour les arts, la culture et la technologie.  

Ses recherches explorent la relation entre démocratie et technologie, tant du point de vue des communautés de pratique, des imaginaires sociotechniques que des enjeux infrastructurels. Son projet post-doctoral porte sur les problématiques de gouvernance et d’énergie d’un centre de stockage de données à Montréal.  

Sandrine Lambert est titulaire d’un doctorat en anthropologie de l’Université Laval, à Québec (2024). Elle a mené un terrain de 18 mois à Barcelone (2020 à 2022), sur les potentialités de la participation citoyenne et des communs dans les lieux dédiés à la fabrication numérique (Makerspaces, FabLabs, etc.). Elle a remporté le Prix Relève-Étoile Paul-Gérin-Lajoie du Fonds de recherche du Québec (FRQSC) en 2023 pour son article sur les Coronavirus Makers publié dans la revue canadienne Anthropologica. 

 

Uneventful emplacement: The making of a de-politicized hyperscale datacenter region in a digitally independent Europe

🎙️ Brit Ross Winthereik
📅 Quand : Mercredi 11 mars, 16h30
📍 Où : Salon François-Chevrette (A-3464)
Pavillon Maximilien-Caron, Université de Montréal
3101 Chemin de la tour, Montréal QC H3T 1N8

Inscription gratuite

Brit Ross Winthereik est professeure titulaire et chef de division au département de technologie, gestion et économie de l’Université technique du Danemark. Ses recherches portent sur les processus de numérisation, le développement des infrastructures et l’utilisation des données et de l’automatisation dans le secteur public. Son approche méthodologique est ethnographique et elle développe des méthodes de recherche expérimentales et des analyses basées sur des données matérielles. Les travaux de Mme Winthereik sont publiés dans des revues consacrées aux études scientifiques et technologiques, à l’anthropologie sociale et aux sciences de l’information. Parmi ses ouvrages, on peut citer « Monitoring Movements in Development Aid: Recursive Infrastructures and Partnerships » (MIT Press, 2013), « Electrifying Anthropology » (Bloomsberry, 2019), « Experimenting with Ethnography » (Duke University Press, 2021), « Handbook for the Anthropology of Technology » (Palgrave Handbook Series, 2021) et « Energy Worlds in Experiment » (Mattering Press, 2021). Elle contribue activement au débat public dans les médias sur le bien-être numérique, l’équité et l’inclusion.

Ce contenu a été mis à jour le 10 mars 2026 à 14 h 34 min.